Une vie très chargée

 

Le 13 mai 1957, au Creusot, enfin, la première spationaute est née, deux jours après le premier vol de Soyouz. Coïncidence du calendrier ?

Elle vit une enfance tranquille, un peu à l' écart de la ville, entre une mère tendre, une soeur aînée de 3 ans : Danielle et un frère Pascal, plus jeune de 2 ans. Très complice avec un père, qui malheureusement n' est pas souvent à la maison (il sillonne le monde pour tester des moteurs électriques ou à gaz : premières leçons de géographie pour Claudie, qui suit tous ces voyages !), Claudie lui tiendra aussi souvent tête même si elle doit être punie.

Très éveillée et très dynamique, la petite spationaute entre à la maternelle avec un an d' avance, puisqu' elle veut faire comme sa grande-soeur. Serais-ce les premiers signes d' un grand talent ? Et ce n' est pas fini, elle va apprendre à lire et à écrire toute seule, ce qui lui permet de sauter la grande section pour se retrouver en CP, avec 2 ans d' avance. Incroyable non ? Mais malgré ses bons résultats, Claudie collectionne aussi les remarques de discipline : il faut bien qu' elle s' occupe ; elle a toujours fini avant les autres !

Ce sera le sport qui lui apprendra la discipline : sur les terrains de rugby avec son père, à six ans et au cours de gymnastique avec sa soeur, deux à trois fois par semaine (sans compter les compétitions !) Et quand elle ne fait pas de sport, elle lit ! Pas le temps de flirter, depuis le 21 juillet 1969, elle a de grandes ambitions. Et oui, c' est Neil Armstrong qui lorsqu' elle avait à peine douze ans lui traça sa voie.

Mais avant l' espace, il faut d' abord passer le bac ! En avance de deux ans, elle prépare un bac scientifique avec latin, grec, anglais et espagnol, à quinze ans avec son ami Paul Deshays. Les premiers devoirs vont bientôt se transformer en premiers baisers et nos deux tourteraux passeront ensemble le bac, main dans la main. Bac en poche, mais avec seuleument une mention bien, Claudie choisira d' aller en médecine, à Dijon, tandis que son fiancé prépare son CAPES d' éducation physique.

Et voilà, Claudie se retrouve avec sa soeur dans un foyer de religieuses à St-Joseph, puis à St-Dominique. Dans cet atmosphère studieux et familial, elle travaille et se découvre une nouvelle passion pour la médecine. Ses études l' enthousiasment, il est donc tout naturel qu' elle finisse major de promo sur six cents candidatsen fin de première année. Notre creusotine va se plonger dans un monde concret, découvrir le malheur des autres et apprendre à choisir un diagnostic précis, avec ses premiers stages à l' hôpital et ses remplacements en médecine générale, pour lesquels elle se passionne.

L' année de ses 18 ans, on fête ses fiançailles avec Paul. Les deux tourteraux partagent les mêmes émotions, la même passion : le sport. Deux ans plus tard, c' est le mariage et toujours cette même passion pour le sport ! Claudie passe cependant la majeur partie de la journée dans les livres : elle doit s' acharner pour réussir. Claudie passe les étapes : traumatologie sportive, rhumatologie, physiologie du mouvement. Avant d' étudierle corps en microgravité elle tente déjà de comprendre les réactions sur le sol, écrasé par la gravité. C' est avec la rhumatologie qu' elle va vivre des émotions fortes.

Après toutes ces années d' études et l' obtention de son doctorat en médecine, à Dijon, Claudie se rend à Paris, à l' hôpital Cochin pour continuer sa formation et accumuler les diplômes : CES de biologie et de médecine du sport, CES de rhumatologie, DEA de biomécanique et physiologie du mouvement, sans oublier un CES de médecine aéronautique et spatiale, un domaine qu' elle commence à connaître puisqu' elle passe ses week-ends sur des terrains d' aviations avec son beau-père.

 

 

 

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